14 May

Sous les ors du bal, je veillais, statue de devoir,

son rougeoiement fendait la nuit comme un éclair.

La valse l'entraînait, légère et sans espoir,

puis le hasard la jeta contre mon regard sévère.


Mon bras se referma, non par devoir, mais par fièvre.

Ses plumes frôlaient mon visage, douce prison,

ses lèvres entrouvertes, un appel sans raison.

Le monde s'effaça, plus de règles, plus de nom,


seul restait ce pouls qui battait à l’unisson.

Mon rôle de garde s'évanouit en un frisson.

La soie glissait sous mes doigts, brûlant comme un feu,

son rire étouffé résonnait en moi, profond et bleu.


Plus de mission, plus de loi, plus de jeu

Juste l'instant où tout bascula, intense et nouveau.

Je n'était plus son protecteur, mais son fléau.

Le masque tombait, révélant un visage pur,


ses yeux ébahis perçaient mon armure.

Ce n'était plus une danse, c'était un murmure,

un serment tacite, un feu qui perdure.

Et dans ce bal, je perdis mon cœur et ma nature.


Didier Guy




Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.
CE SITE A ÉTÉ CONSTRUIT EN UTILISANT